Mardi 8 septembre 2009
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Malheureusement, je n'ai pas la réponse à la question posée dans le titre et j'aimerais bien ! Le fait est, que le mail reçu ce matin à 10h28 m'a interpellé. Le
site sur lequel il m'a redirigé ne comporte pour l'instant qu'une page et un sondage. Sondage qui résume parfaitement
mes interrogations du moment sur l'avenir du journalisme, les interrogations sur les formes qu'il
doit prendre etc.
Mais qui est à l'origine de ce projet "La plus grande rédaction du monde" et puis c'est quoi au juste ? Un nouveau journal ? Un nouveau pure player ? Apparemment, nous aurons la réponse le 3
septembre.
En tout cas, une chose est sûre, il ou elle a bien réussi son buzz.
UDPATE DU jeudi 27 août
Suite à une conversation avec @gregmanset sur twitter, il semblerait que la plus grande rédaction ne soit pas une émanation du site com4news.

UPDATE DU mardi 8 septembre
Après la présentation de La plus grande rédaction au festival VISA pour l'image, on en sait un peu plus. L'ACP (c'est son nom) se veut "la première agence de presse de l'ère numérique". En janvier 2010, l'ACP mettra en ligne "sa plate-forme éditoriale"
regroupant des rédacteurs, photographes... le but étant de "mettre en relation à travers le monde une communauté de journalistes professionnels et un large cercle de supports de presse
abonnés". L'ACP prétend ainsi créer "un nouveau modèle économique d'agence de presse", sauf que dans les faits, ce type de site existe déjà, du moins pour les pigistes (http://piges.2presse.com).
L'ACP est une création du groupe Imacom (Actionnaire principal : La Compagnie Financière de Constance présidée par Christian
Ciganer-Albeniz, 2e agence photos en France : DPPi Press, Alamo, Sunset, Visual..., 12 millions de clichés en
archive, des photos diffusées dans 50 pays, 8 Millions d'euros de chiffre d'affaires selon le communiqué
de presse )
Judikael Hirel a été nommé rédacteur en chef.
Première édition de l'article le 28 juillet.
Mardi 1 septembre 2009
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14:00
Alors qu'une consoeur du Monde, Elise Barthet découvre dans sa série d'articles
sans internet les archives du quotidien, je me suis dit qu'il était temps que je trie les miennes.
C'est une manie que j'ai gardé depuis le temps où je préparais les concours pour les écoles de journalisme. A l'époque, j'étais abonnée au Courrier International. J'ai ensuite résilié mon
abonnement avant de finalement le reprendre.
Grande consommatrice de magazines, j'ai été tour à tour abonnée à Rock Sound (avant d'y bosser), Metal Hammer, Capital, Management, Rugby Hebdo... Je pense d'ailleurs que je vais m'abonner à Polka que je trouve génial.
Donc je lisais Courrier, d'autres journaux et pas mal de magazines... et quand je voyais un article intéressant, hop je le découpais et je le gardais. Pour stocker tous ces papiers,
j'utilisais et j'utilise toujours des boîtes Collissimo XXL de la
Poste. C'est très pratique, mais pas super esthétique dans le bureau. A l'intérieur des boîtes, des chemises de
couleur différente, chacune sur un thème bien précis.
Le souci c'est que depuis le début de l'année 2008, j'avais laissé les papiers dans les boîtes sans les classer. C'était un peu le bordel. Alors, j'ai mis de l'ordre. Mine de rien,
ça m'a pris presque deux heures. En même temps quand je trie, je relis certains articles, je découpe colle... J'y prends du plaisir quoi !
Pourquoi je fais ça me direz-vous ? Parce que j'aime bien le papier. Parce que ça peut servir. Même si je passe un temps fou sur le net et que c'est une mine d'infos, j'aime bien l'idée d'avoir
des articles découpés et classés sur lesquels je pourrai m'appuyer.
C'est peut-être old school comme conception à l'heure d'internet mais mes archives, j'y tiens !
Vendredi 7 août 2009
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13:31
Ce matin en feuilletant Paris-Normandie, j'ai failli m'étrangler à la vue du courrier des lecteurs. Rubrique que je survole en temps normal, là je m'y suis plongée
dedans. Déjà le titre "c'est payant le journalisme", a attiré mon oeil. La réaction de Sylvio, envoyée par mail au journal, est pour le moins... j'en perds mon souffle et mes mots. Il faut
le lire pour le croire.
En gros : les deux journalistes de current tv sont allées exprès en Corée à deux pour se faire enlever. Comme ça, on les a libérées et maintenant qu'elles sont rentrées aux USA elles vont
pouvoir écrire un livre dans lequel elles raconteront leur mésaventure et gagneront plein de pognon avec. Je résume, mais c'est vraiment le fond de la pensée du lecteur à qui j'ai envie
personnellement de coller deux baffes dans la gueule.
Quelques extraits de sa pensée :
"pourquoi deux journalistes étaient-elles nécessaires pour faire des reportages dans ce sinistre pays ?"
"elles devaient savoir que les chances de se faire prendre en duo plutôt qu'en solo étaient multipliées par deux."
"c'est peut-être ce qu'elles voulaient, se faire prendre le plus vite possible."
"[...] elles vont se reposer un peu, écrire leur périple, faire un tabac et devenir millionnaires."
Quand je lis les deux premières phrases, ça me rappelle les discours sur les viols. "oh elle s'est faite violer, mais c'est sa faute, elle portait une jupe trop courte, elle le cherchait". Et
bien là, j'ai le même sentiment. En fait, on fait notre boulot, on prend parfois des risques et s'il nous arrive malheur, c'est bien fait pour notre gueule.
... Si les français ont tous la même opinion sur les journalistes, alors oui, on a du mouron à se faire pour l' (notre) avenir.
Mercredi 5 août 2009
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18:45
C'est pas moi qui le dis, mais rue89. Dès ce matin, le site proclamait la journée du mercredi 5 août, comme journée la plus chiante de l'année. Et sur twitter #jourchiant, tout le monde a suivi. Une vraie déferlante !
Pourtant question faits divers, la journée commence fort. On apprend via le Courrier Picard qu'un garçon est mort à
Pontpoint (60), percuté par un jet-ski. Il est 8h45, bonjour bonjour. De mon côté, je tente de me réveiller. @SylvainLapoix de Marianne2.fr a lui du mal à joindre quelqu'un
: "PERSONNE ne répond. PERSONNE n'est là". Un peu plus tard, il est environ 10h30, quand rue89 lance l'idée du jour le plus chiant "@Rue89Si vous
voulez participer à l'anti-live-blogging de Rue89 sur le jour le plus chiant de l'année: #jourchiant".
Pourtant, il y en a qui arrivent à bosser. Maude ML a prévu un reportage été dans l'après-midi "sur un joueur de carillon dans une église. Il paraît qu'il va me refaire la scène de
bienvenue chez les ch'tis...".
On apprend au hasard que Kerrang sort
aujourd'hui, sauf qu'eux aussi n'ont pas grand chose à se mettre sous la dent. La couverture du magazine proclame "les 50 meilleurs albums du 21ème siècle", ouch. Ça fait penser aux magazines
people et leurs tops "les 10 plus gros fessiers du showbiz", bref ça sent l'été quoi.
Sur ces entrefaites, @rue89 en rajoute une couche. Même le collectif Ça presse part
en vacances. "A bientôt" peut-on lire sur le site et sur leur tweet. Seul @xternisien, journaliste média au Monde, dit qu'il bosse. A Morlaix pour la journée (?), il prend le soleil (entre autre) et (apparemment) prépare un article sur la rédaction du
Télégramme. De son côté, @Cavalierseul qui tient le blog reporterudcoindru jubile : "constate que la presse internet fait pas mieux que la Pqr: elle découvre le vide d'août.
#jourchiant".
Puis de l'info tombe : Bill Clinton qu'on croyait à la retraite et payé à donner des séminaires aux quatre coins du monde, libère deux otages à lui tout seul. Deux journalistes américaines de current tv qui avaient fait l'objet d'un long article dans le courrier international (traduit du NYTimes) sur les dangers "des journalistes baroudeurs". Ces journalistes qui vont dans des pays en guerre mais en solo, sans
l'appui d'une grande chaîne.
On a beau être un jour proclamé chiant et dénué d'infos, les appels d'offres pleuvent sur categorynet.com et Ryan Guettler (célèbre Bmxeur Vans) s'apprête à aller donner des cours à Woodward.
Toujours au rayon faits divers et encore en Picardie (décidément), cette fois-ci c'est à l'usine Goodyear d'Amiens qu'il y a un mort. Lufhtansa, la compagnie aérienne pour sa part cherche des idées pour remplir ses
avions. Et elle trouve ! Cher passager, s'il fait mauvais pendant votre séjour, Lufthansa vous rembourse. Info été ?
Info intéressante (ou pas) ? Pendant ce temps à Londres, une fusillade éclate. Il est 18h33.
Alors finalement, qui a dit que c'était un jour chiant aujourd'hui et qu'il ne se passait rien, non mais ? ;-)
PS : vous l'aurez compris, ce post a été rédigé en suivant mon fil twitter de la journée.
Samedi 20 juin 2009
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10:25
J'ai reçu Courrier International jeudi soir. Hier, je l'ai
lu de A à Z en une journée. Comme quoi, c'est possible, encore faut-il que tous les sujets intéressent.
Dans le cas présent, ce n'était pas difficile puisque le thème unique était l'avenir de la presse. Courrier dresse un constat : l'état de la presse dans le monde est catastrophique. En gros,
mis à part en Inde et en Chine, les journaux papiers disparaissent partout ailleurs. Sauf que... le modèle économique viable sur le net n'a pas encore été trouvé. Super réjouissant.
Alors, bien sûr, il y a des initiatives comme ce site Mexicain ejecentral.com.mx dont parle un article p.26 ou le Christian Science
Monitor qui a carrément arrêté la version papier pour se
lancer exclusivement sur le net... mais aucun pour l'instant ne gagne de l'argent.
Evidemment, entre les articles récents sur les forçats de
l'info, les
licenciements à droite à gauche dans les grands groupes de presse, moi la journaliste lambda, je m'interroge vraiment sur mon avenir.
Contrairement à certain, j'ai envie de passer sur le net. Je voudrais faire le journalisme que je fais actuellement (aller sur le terrain, ramasser des infos...) mais au lieu de publier sur
papier, publier sur le net. Vous trouvez ça utopique ? Moi je pense que c'est l'avenir...
Continuer à écrire pour la presse écrite, ça me plairait aussi, mais jusqu'à quand ? Dans le Courrier, deux théories s'affrontent : d'une part ceux qui disent que les journaux papiers vont
disparaître, d'autre part ceux qui disent qu'il va toujours en rester. Sauf que dans un cas comme dans l'autre, soit tu as un nom reconnu et alors pas de problème tu peux continuer à publier, soit
tu es noyé dans la masse et tu changes de métier. Parce que déjà que c'est la guerre, ça ne va faire qu'empirer. Il y a de plus en plus d'écoles de journalismes, de formations, mais de moins en
moins de postes et de piges.
[Petite parenthèse sur la pige. Tu vas en kiosque, tu vois 36 000 magazines, tu te dis, bon y'a de quoi faire, je vais bien trouver
des piges. Mouais... Et pour l'instant gagner sa vie en pigeant sur le net, ce n'est pas possible non plus. En tout cas, je ne connais personne dans ce cas. Tiens, je lance un appel, y a-t-il un
journaliste pigiste qui vive de ces piges sur le net ?]
Alors que faire ?
Expérimenter, tenter de créer de nouvelles formes de presse sur le net... Je suis sûre qu'il y a quelque chose à gratter, mais je n'ai pas encore la solution pour que ça me permette de continuer à
exercer mon métier. Seulement, je me vois mal arrêter. Comme beaucoup d'entre nous.
C'est compliqué
parce qu'on ne sait pas vers quoi on tend. Les jours et les mois passent et pourtant je ne vois rien bouger si ce n'est la multiplication des suppressions de postes...
Samedi 22 novembre 2008
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22:28
Non, il n'y a pas que les poètes torturés qui dépriment, les journalistes qui font de la locale aussi. Cet après-midi, j'ai enchaîné les sujets comme
on enfile les perles sur un collier. Pas le temps de m'attarder ou si peu. Pas le temps de parler ou si peu. Aller en profondeur ? Faire un vrai travail de journaliste ? Pas le temps ma bonne dame
quand il faut être dans deux endroits différents séparés de 25 km en 1/2 heure puis repartir sur un autre sujet après, courir et encore courir et au final se prendre des réflexions et se faire
engueuler à cause d'un mot déplacé, d'un article dont vous ne vous souvenez plus le contenu mais qui a choqué les personnes interviewées. C'est souvent comme ça. On vous rappelle des articles de
l'année passée dont bien évidemment vous ne vous souvenez plus. On vous le dit en souriant, mais à force, vous en avez marre. Parce que vous courez toute la journée et que forcément, tout est fait
dans l'urgence, pas réfléchi et un jour ou l'autre vous commettez une ou plusieurs erreurs, forcément. Alors dans ces moments-là, vous vous demandez vraiment pourquoi vous avez choisi ce travail,
si finalement, vous n'avez pas fait une erreur. Etre en poste, c'est le rêve de tout journaliste, mais ça se paie au prix fort.